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Ils veulent préserver la « Brestitude »

Philippe Cabon (à gauche) et Jean-Chrisotphe Boccou (à droite), avec Jean Vantalon (au milieu), veulent que l’esprit brestois s’affirme et soit représenté (M.Goarnisson)


La scène brestoise a une réputation qui dépasse les frontières régionales et nationales. Les étendards de cette « Brestitude » que sont Philippe Cabon, ingénieur son ou Jean-Christophe Boccou, leader du groupe Double Elvis ont trouvé le dénominateur commun à leurs aventures respectives : Le Vauban.

 

Ne vaut-il pas mieux aller à Paris pour se faire connaître quand on fait de la musique ? N’allez surtout pas dire ça à Jean-Christophe Boccou, chanteur, compositeur et auteur du groupe Double Elvis : « Quel intérêt d’aller à Paris pour être un petit poisson parmi les autres petits poissons ?  Toutes les lignes ont bougées aujourd’hui, il n’y a plus Paris-Province. Maintenant, pour aller à Chicago, je pars de Brest. » Tout part de Brest alors, ou peut-être juste à côté, à Saint-Pabu pour Philippe Cabon,  qui a son actif le dernier album live d’Alain Bashung ou la captation du dernier concert de Patti Smith au Webster Hall à New-York pour Radio France.

Très loin du Chybeck qui l’a vu débuter: « Je suis de Saint-Pabu, j’ai fait mes études à Brest. A l’époque pour moi, Brest c’était la grande ville. En fait, c’est une ville qui peut faire un peu peur car elle a été rasée. Sa reconstruction rapide peut repousser, c’est vrai que l’architecture a morflé mais il y a une véritable âme ici. » Depuis Paris, ou l’étranger, il garde ainsi en lui son Brest : « Mon cœur est resté à Brest et plus particulièrement au Vauban car Charles Muzi est un pilier de la scène brestoise. Il a pris la suite de son père, qui, déjà, accueillait les grands noms du Jazz. Il entretient le côté mythique de ces lieux en découvrant des talents. Il y a des concerts tout le temps et de différents horizons. » Ce qui est l’essence même du lieu.»

Charles, Muzi perpétue la tradition de ce lieu incontournable de la vie brestoise. Ainsi, sans le savoir, il est à l’origine de tas de projets comme le rappelle Jean Vantalon, vice président de Celtic Series (courses cyclistes) : « J’ai rencontré Jean-Christophe Boccou et Philippe Cabon au Vauban. Quand la télévision irlandaise est venue, elle a voulu voir le Vauban. C’est un état d’esprit qui fédère les Brestois. On y retrouve aussi bien des sportifs, des musiciens, Celtic Punishers, c’est aussi parti du comptoir du Vauban. Il y a une alchimie qu’il n’y a pas ailleurs. »

les joueurs brestoisLe Stade Brestois pourrait inspirer Double Elvis pour un hymne (JM Louarn)

 

Une alchimie que l’on retrouve toutefois aussi du côté de Le Blé où le Stade Brestois véhicule une ambiance particulière : « « Le Stade Brestois c’est d’abord une affaire de famille. Mon beau-père, Claude Dratel y a travaillé près de vingt ans comme speaker et il y retourne régulièrement» indique Jean-Christophe Boccou.

Est-ce que Double Elvis pourrait alors se laisser inspirer par le Stade Brestois pour une chanson ? : « Écrire une chanson pour le Stade, ce serait un véritable challenge. C’est quelque chose d’essentiel qui peut galvaniser les supporters et aussi les joueurs. Vu l’enthousiasme qui règne au stade brestois c’est carrément un hymne qu’il nous faut!  » S’enthousiasme Jean-Christophe Boccou, le Morlaisien, qui s’est totalement fondu dans cette « Brestitude ».

 

Toutefois, au cœur de la nuit brestoise, il regrette la raréfaction des lieux d’expression scénique dans la ville: « Ce qui est vraiment dommage c’est cette culture du cabaret qui tend à disparaître. Les bars de nuits qui accueillaient les concerts disparaissent petit à petit. » Subsiste le Vauban : « Pour Double Elvis, Charles nous a toujours accueilli à bras ouverts » se souvient celui qui a travaillé avec Matt Walker, batteur de Morrissey (ex-Smashing Pumpkins et  Garbage) et le producteur Sean  O’Keefe (Fall Out Boy). Philippe Cabon, devant ce constat, veut préserver l’essentiel : « S’il ne reste que le Vauban, remplissons le Vauban ! Il fait une centaine de concerts par an. Est-ce que Brest est une ville assez grande pour avoir d’autres lieux similaires ? Je me sens chez moi dans ce lieu. Des fois, il y a des stars ou alors des petits nouveaux. Je me bats pour cette représentation culturelle»

Quelques lieux plus intimistes pourraient renaître et ainsi alimenter le Vauban pour aider pour la découverte de nouveaux talents qui prendront la suite de Miossec l’initiateur de cette fierté d’être brestois.

 

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