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Dans la continuité, malheureusement

Le Stade Brestois a pris une énorme claque à Auxerre en réussisant la prouesse d’encaisser quatre buts face à la lanterne rouge. Cependant même si le raccourci est facile et largement emprunté au lendemain de ce revers, cette lourde défaite n’est pas la conséquence de l’éviction d’Alex Dupont mais la sanction d’une enfilade de mauvaises prestations depuis de longues semaines.

 

120430 elanazebinaLes Brestois ont payé le prix fort leurs erreurs à Auxerre (JM Louarn)

 

On pouvait espérer la révolution quand Alex Dupont a été démis de ses fonctions, il n’en fut rien. Le fameux choc psychologique qu’on chante à chaque changement d’entraîneur n’a pas eu lieu mais avec un seul entraînement, il était difficile pour Corentin Martins de renverser la courbe de résultats d’une équipe qui avait perdu 6 matchs lors des 7 dernières rencontres avant le coup d’envoi.

 

Le physique en cause


Cette défaite n’est que la continuité de la série vécue par Brest. Le changement, c’est que ce match s’est joué face à une équipe auxerroise qui avait une réussite à toute épreuve. A la pause, elle avait la statistique ébouriffante de 4 tirs cadrés pour 4 buts. Un réalisme hallucinant après un premier but issue d’une frappe dévissée qui se transforme en superbe passe décisive conclue par un pointu poteau rentrant. Il y a en plus la grosse erreur de Zebina qui amène le deuxième but, derrière, ça l’équipe a été amorphe, sonnée. Cependant, difficile d’évoquer un sabordage en l’honneur de leur ancien coach puisque la quasi-totalité des joueurs s’est émue de la qualité des entraînements et de l’intérêt de ceux-ci tout au long de la saison. Avec trois ou quatre entraînements par semaine, une reprise le 3 janvier (la plus tardive de L1), le physique des joueurs a simplement lentement volé en éclats au fil des matchs.

 

Des statistiques identiques

 

Pour preuve, les derniers matchs  des Brestois qui ne tiennent pas 90 minutes. A Auxerre, la première mi-temps a été catastrophique mais elle l’avait été tout autant lors du match précédent contre Rennes, seulement la maladresse des attaquants rennais a permis d’éviter une avance de 3 ou 4 buts à la pause, ce qui, n’aurait pas été immérité. On se souvient aussi des belles entames de match à Sochaux ou Lorient où les Finistériens finissaient invariablement par flancher. Finalement, Auxerre n’a frappé que 11 fois au but dimanche, la différence, c’est que le malheureux Elana n’a pu rien faire pour masquer les énormes lacunes. A Saint-Etienne, par exemple, Brest a pris l’eau avec 21 tirs endurés et 37 centres. Seulement Steeve Elana avait fait des miracles. Même contre Bordeaux, malgré la défaite, le goal brestois a empêché la gifle, Bordeaux avait tiré 22 fois au but. Il en resort que Brest subit ses matchs, surtout à l’extérieur, invariablement. Les assauts répétés depuis de nombreuses semaines ont été payés cash en Bourgogne mais la production brestoise ressemblait à ses devancières et les Bretons ont reçu la gifle qui leur pendait au nez depuis longtemps.

 

Cible facile

 

Alors, c’est vrai que pour les médias nationaux, il est facile de taper sur Michel Guyot qui a évincé Alex Dupont, si bon client des conférences de presse habituellement. L’épisode sur la titularisation de Jemâa a été agité comme raison du renvoi mais la ficelle est bien trop grosse. Dans n’importe quel autre club, personne ne trouverait à redire de se séparer d’un entraîneur qui n’a gagné que 3 matchs sur les 15 depuis la reprise (humiliation en Coupe de France à Niort comprise). On dirait qu’il est dépassé, que son discours ne passe plus, que ses choix ne sont plus compris par le groupe. Pourquoi ça n’est pas possible à Brest? Il valait peut-être mieux agir. Pierre Ménès a même été jusqu’à dire que Guyot a tué Brest hier lors du Canal Football Club. Il faudrait voir le problème plus en profondeur : depuis janvier 2011 sous Dupont, Brest n’a gagné que 10 matchs en 52 rencontres. Beaucoup d’entraîneurs auraient sauté plus tôt, le reproche qu’on pourrait faire au président brestois c’est sans doute d’avoir trop attendu et d’avoir franchi le pas subitement à trois jours d’un match important, cependant, malheureusement pour Brest, les victoires contre Marseille et Lille ont eu un effet néfaste en masquant les énormes lacunes des autres matchs. Reste que rien n’est perdu pour Brest, les résultats des autres maintiennent les Brestois en vie mais il leur appartient désormais de se réveiller et d’afficher la même envie que lors des matchs contre Marseille ou Lille.

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