Bilan et perspectives au Stade Brestois

Le Stade Brestois vient à peine de terminer sa saison qu’il est déjà l’heure de préparer la suivante. C’est même urgent car le club n’a pour l’instant, pas d’entraîneur. Michel Guyot a fait un bilan qui n’épargne pas Alex Dupont alors que Corentin Martins évoque le recrutement estival.

120121 mercato 3Michel Guyot est revenu sur la saison en pointant les manques brestois (JM Louarn – archives)

ALEX DUPONT

Michel Guyot : « Ce manque d’implication ne pouvait plus coller, je pense qu’en travaillant plus, on a plus de chances de s’en sortir. Il n’y avait pas assez de remise en question sur la façon de travailler. Honnêtement, j’espérais une bonne branlée, il n’y a pas pire que de perdre plusieurs fois de justesse. On croit que c’est la faute à pas de chance et on ne se remet pas en cause. Je ne connais pas un seul commerçant, qui, quand il n’a pas beaucoup de clients un jour se dit le lendemain, je vais fermer plus tôt. Il faut savoir qu’on était arrivé à un moment ou le Stade Brestois ne ressemblait qu’à une vitrine avec rien dans le magasin. Ma décision douloureuse a pu vous paraître hâtive mais nous étions plusieurs à être d’accord et j’y ai pensé dès le mois de décembre. Lors des cinq derniers matchs, sans cette défaite, deux victoires, deux matchs nuls, le bilan est bon. Il n’est du qu’à la chance et ce n’est que la malchance qui nous a fait perdre les autres matchs »

UN PARTENAIRE VISÉ

Michel Guyot : « J’avais compris depuis longtemps qu’Alex ne pouvait pas poursuivre ou alors s’il le faisait, il allait devenir le patron du patron du patron. Il ne doit rester qu’un patron et c’est Michel Guyot. Ma place, je ne l’aurai pas cédé parce que je veux continuer à œuvrer pour faire grandir ce stade. Il y a quelques temps, le Stade Brestois, c’était un carré vert avec deux algécos. Ce n’est pas pour me glorifier mais je sais ce que j’ai fait. Je passerai effectivement peut-être la main le lendemain de l’inauguration du centre de formation mais en tout cas, ce centre de formation et ce centre de vie je veux que ce soit le travail de Michel Guyot car j’y passe beaucoup de temps. J’ai convaincu trente partenaires pour y parvenir.
D’ailleurs, le plus gros partenaire du Stade Brestois fait 1,8% du budget. On ne va pas vomir sur ce qui a été fait auparavant mais, est-ce que ça donne tous les droits ? Ce n’est pas ça être partenaire, moi j’estime pouvoir me regarder dans la glace avec le travail que je fais tous les jours. J’espère pouvoir vous le démontrer sportivement mais ce n’est pas moi qui est sur le terrain. »

ORGANIGRAMME

Michel Buquet devient le manager général du club et bras droit de Michel Guyot. Jean-François Dubois demeure directeur administratif et financier, comme Corentin Martins qui reste directeur sportif (avec sûrement des responsabilités élargies). Pascal Robert demeure aussi directeur commercial. Sur l’arrivée de Buquet, Michel Guyot a précise qu’il ne venait pas que pour son carnet d’adresses d’agents de joueurs mais pour aider le club dans la gestion des dossiers du centre technique de du centre de formation.

CENTRE DE FORMATION

Michel Guyot :  » Dès le recours purgé, nous espérons avoir le permis de construire le 15 septembre et le lendemain les premiers coups de pioche. Nous espérons l’occuper pour Pâques et l’inauguration devrait avoir lieu avec messieurs Le Graët et Le Floch lors de l’AG de la FFF à Brest (le 22 juin 2013). Par ailleurs, Ba, Khaled et Kevestin (très convoité) vont signer professionnel. Dix joueurs deviennent stagiaires/aspirants comme Julien ou Kerjean. Une opération qui coûte 300.000€ au club.

LE FUTUR ENTRAINEUR

Michel Guyot : « Nous savons avec qui nous voulons aller maintenant il faut finir de le convaincre. Je veux et nous voulons un coach qui travaille en collaboration avec Corentin Martins. Il faut du dialogue, passer du temps dans les bureaux. Nous avons vu en recevant les joueurs qu’il y a un manque de dialogue. Un joueur qui doute, il faut être capable de dialoguer avec lui. Il ne suffit pas de dire à un joueur qu’il doit perdre quatre kilos pour qu’il maigrisse. On a des gamins dans le club, on n’a pas que des vieux routards. Les petits Khaled ou Ba, il faut parler avec eux, il faut les rassurer et il faut aussi, des fois, parler avec leurs parents. On veut un coach qui reste sept heures par jour au club. Si ce contact n’aboutit pasi, on a d’autres noms sur une liste mais celui qu’on vise doit acheter sa liberté. »

LES DÉPARTS

Michel Guyot : « J’ai fait une contre-proposition à Elana, au pied de l’avion en revenant d’Evian. Il souhaite tout de même partir. Il y a des orientations à donner à certains joueurs sous contrat. Moïse, ça ne serait pas lui rendre service que de le retenir ici alors qu’il ne joue pas. L’intérêt pour lui est d’aller chercher un contrat de 2 ou 3 ans avec un club de L1 ou L2. Tous les joueurs en fin de contrat vont nous quitter sauf Lorenzi à qui on a fait une proposition et qui répondra après ses vacances. Hartock a aussi reçu une prolongation. « 

Corentin Martins : « Gentiletti et Jemâa devraient retrouver leur club. Micola est dans la même situation que Brou Apanga, il devrait partir. Soumah va revenir à Brest mais un prêt à Angers, n’est pas impossible la saison prochaine même si nous n’avons reçu aucune offre d’Angers pour le moment. »

AMALFITANO ET DIALLO

Michel Guyot : « Le recrutement, il sera certainement impossible de le boucler rapidement. Malheureusement, sur la liste que Corentin m’a présenté, au fil des mois, on a vu sur ces mêmes noms «pressentis par Lille ou Marseille ». C’est une nouvelle méthode. Quand Amalfitano a rejoint l’OM, alors qu’il touchait 50 ou 60.000 € à Lorient, Marseille a jugé bon de lui donner 180.000€ de salaire. A 90.000€, je pense qu’il serait allé à pied là-bas. Seulement, ça signifie que les joueurs de ce type ne sont plus accessibles pour Brest que vers 33 ou 34 ans. Il y a cette nouvelle politique de beaucoup de clubs qui vivent à crédit, on est des faire-valoir. Corentin doit donc faire marcher sa cellule à l’étranger avec tous les risques que ça comporte. Mendès, un seul match à la télévision et il vaut 5 millions ! Buquet, alors qu’il était encore à Valence, nous avait conseillé de le suivre. J’ai appelé Louvel le lendemain. Il n’y avait pas de prix, s’il finissait 4eme, 5eme, il le gardait, s’il descendait, il le laisse partir. Avant, ces joueurs valaient 400 ou 500.000 €. Quand on fait venir Martial, Sadio Diallo était proposé à un million, Rennes a mis 4 millions. On est en plein délire ! Après, il faudra peut-être aller chercher en National mais on ne peut pas bâtir toute une équipe comme ça. »

ZEBINA A LES CARTES EN MAIN

Michel Guyot : « Zebina a les cartes en main. C’est  nous qui avions une obligation vis-à-vis de lui. On devait poursuivre son contrat s’il faisait un certain nombre de matchs. Nous l’avons rencontré hier, il prend ses vacances et il décide »

HARTOCK ET LA COUPE DE FRANCE

Michel Guyot : « Si nous avions eu un chouette de parcours en Coupe de France, Hartock aurait pu jouer mais on avait décidé de ne pas jouer la Coupe de France. On a été puni. On avait plus de liberté, on n’avait plus besoin de s’emmerder avec ça ! On a perdu à Niort les mecs ! Quand on perd à Niort en Coupe de France, on a les résultats qu’on a eu après ! On se retrouve dans la charrette. On n’a pas perdu par hasard à Niort. Qu’on perde par hasard à Chambéry après un parcours, OK mais quand on se fait éliminer à Niort, ce n’est pas du hasard. On n’était pas capable de les battre ! « 

CINQ RECRUES ET BILAN BLESSURES

Corentin Martins : « Cinq joueurs devraient arriver. On compte sur les joueurs sous contrat. On espère arriver à un effectif de 25-26 joueurs. Il faudra se pencher le problème des blessés. Il y a sûrement des choses qui n’ont pas été que ce soit au niveau des joueurs ou des conditions d’entraînement. Les joueurs en ont beaucoup parlé mais c’est un tout. Cependant, on doit se poser des questions pour s’améliorer. »

Michel Guyot : « Ça nous interpelle, il est difficile d’identifier la vraie raison. 14 blessés lors de certains matchs. Quand ça se passe chez les autres, on dit qu’il y a un truc qui ne colle pas alors quand c’est chez soi, il faut y remédier. Il faudra voir ça avec le coach, le préparateur physique. »

TERRAINS D’ENTRAINEMENT

Michel Guyot : « On doit trouver deux terrains d’entraînement mais on ne peut plus partir à l’aventure avec le matériel dans un fourgon comme on l’a fait. Il nous reste une année à patienter avant d’arriver à Plougastel. J’en ai discuté avec François Cuillandre, il est conscient de la difficulté. S’il faut un permis de construire pour poser trois algécos à Kervao, c’est forcément compliqué. Il faut trouver une solution dès le retour de stage des joueurs. »

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