Foot 29
Là où commence le football

Les Plabennecois se sentent abandonnés

cotty_abiven

Plabennec a signé son premier succès à Kervéguen samedi contre Fontenay (1-0). Un énorme soulagement sportif mais les soucis financiers demeurent. Jean-Luc L’Hostis, le président plabennecois, voit la situation du club se détériorer avec un sentiment d’abandon.

Jean-Luc, vous tenez votre première victoire à Kervéguen enfin…
« Le groupe a démontré ce qu’on pensait de lui. A savoir que c’est un groupe de qualité, tout comme notre entraîneur. Il ne faut pas croire que Franck se repose sur ses lauriers. Il essaie d’innover tout le temps dans ses entraînements et tout le groupe est soudé autour de lui. »

Les 32èmes de Coupe de France sont un objectif ?
«C’est en effet un objectif car la qualification est envisageable même s’il ne faut surtout pas prendre Dives à la légère. Franck et Gwen feront le nécessaire auprès des joueurs à ce sujet. »

L'an passé, Plabennec avait éliminé Reims avant de tomber contre Lille
L’an passé, Plabennec avait éliminé Reims avant de tomber contre Lille

Financièrement c’est même indispensable, non ?
« On essaie de faire face à des finances délicates, on ne nous aide pas vraiment. On ne peut que compter sur nos partenaires historiques qui font ce qu’ils peuvent dans un contexte économique très difficile. On doit arriver en 32ème de finale de Coupe de France si on veut bien finir la saison… Par ailleurs je suis aussi déçu du soutien du public. Samedi, nous avions à peine 100 spectateurs payants. »

L’horaire des matchs (19h) peut-il être remis en cause ?
« On a fixé cet horaire par rapport aux agriculteurs qui nous soutiennent. A la réflexion, cet horaire ne recueille pas l’assentiment général, même les joueurs s’en plaignent. Ça sera débattu lors d’une prochaine réunion du comité directeur, il faudra comparer par rapport aux années précédentes tout en sachant que les affluences baissent partout. »

Jean-Luc L'Hostis, le président plabennecois
Jean-Luc L’Hostis, le président plabennecois

Pour revenir sur le volet financier, existe-il une menace directe de la part de la DNCG envers Plabennec ?
« Non, il n’y a pas de menace, nous allons devoir présenter notre budget prévisionnel le mois prochain mais nous sommes dans une situation délicate. On essaie tout le temps de trouver des solutions mais nous avons budget de 500 000 € qui équivaut à un budget de CFA2. Le budget moyen en CFA est de 800 000€. A titre de comparaison, nous nous sommes déplacés à Gonfreville, un club de DH normande en Coupe de France, ils ont le même budget que nous grâce notamment aux aides des collectivités locales ! »

Comment expliquer cette différence de traitement avec vous en Bretagne ?
« Il y a un réel problème. Plabennec ne reçoit que 5100€ d’aide du Conseil Régional, et encore, c’est une aide pour les jeunes. Le football dispose d’une mauvaise image et nous en pâtissons. »

Fontenay, avec le logo du département vendéen
Fontenay, avec le logo du département vendéen

Tous les sports ne sont pas logés à la même enseigne dans la région…
« Samedi, on a vu Fontenay qui avait le département Vendée sur l’avant et l’arrière de son maillot. Tous les départements ou les régions soutiennent leurs clubs. On les voit tous passer à Kervéguen, et c’est pareil aussi chez les pros. Ici, on n’hésite pas pour la culture, pour la voile et le cyclisme, on se sent un peu seul. »

Vous pensez à l’apport dont bénéficie l’équipe cycliste Bretagne Séché (environ un million d’euros) ?
« Je n’osais pas en parler mais c’est quand même anormal d’en voir autant d’un côté et aussi peu ailleurs. Nous avons fait parler de Plabennec et de la Bretagne cette année avec la Coupe de France en éliminant une équipe de L1 et ce n’est pas la première fois qu’on le fait. On se sent abandonné quand on voit nos joueurs faire des sacrifices énormes avec trois ou quatre entraînements par semaine en plus de leur travail avec presque rien en dédommagement. C’est bien simple, un arbitre qui dirige trois matchs de CFA doit avoir plus d’argent qu’un joueur de Plabennec à la fin du mois. »

Franck Kerdilès doit souvent faire souvent des miracles avec peu d'aides
Franck Kerdilès doit souvent faire souvent des miracles avec peu d’aides

Et vous devez faire face à de grosses dépenses
« Il faut prendre l’exemple d’un déplacement : quand nous allons à Trélissac, le car nous coûte 2500 euros, il faut ajouter l’hôtel, ça fait 2000 euros de plus. C’est surprenant de voir les clubs bretons si peu aidés par les collectivités. A terme, les clubs bretons de CFA/CFA2, nous devrions demander à jouer en DH, ça serait plus simple pour nous ! »

Source : Le Télégramme (article payant)

Vous pourriez aussi aimer