Éric Assadourian : « Si demain Brest ne fait rien pour ces garçons-là, je partirai »

Le Stade Brestois a vraiment de bons résultats au niveau des jeunes, c’est impressionnant…

« Non, mais ça, c’est l’aspect compétition, il faut dépasser ça. C’est bien car on a des gamins qui mettent en place tout ce qu’ils peuvent apprendre au quotidien mais il ne faut pas oublier que l’objectif prioritaire c’est la progression du gamin. De tendre vers le haut niveau et de faciliter le passage vers le monde professionnel. Les résultats ne doivent pas être symptomatiques d’avoir de très bons joueurs. Imaginez que demain on ne soit que 7 ou 8eme, les gens pourraient penser qu’il n’y a pas de joueurs de qualité. La formation, c’est spécifique. Il n’y a pas forcément 22 joueurs tip-top. Certains il leur faut six mois pour être au sommet, un pro, il faudra qu’il le soit tout de suite. Un gamin il faut lui laisser le temps pour x raisons. Il ne faut pas se focaliser sur les résultats. Ce qui est important c’est que, en se mettant dans la peau du jeune joueur : si, aujourd’hui, j’ai des gestes ou un comportement qui va nuire à ma progression et à mon passage au haut niveau, on est là pour recadrer les choses. Ce que je vais faire aujourd’hui c’est ce qu’on va attendre de moi chez les pros demain. »

Certains sont désormais très proches du monde professionnel…

« Il faut faire un constat sur plusieurs années avec le nombre de joueurs qui vont intégrer les pros. Le nombre de joueurs qui vont pouvoir confirmer chez ces pros tout le bien qu’on pensait d’eux en faisant des saisons pleines. C’est là qu’on peut trouver le vrai résultat de la qualité de la formation. Le reste, je ne vais pas dire que j’ai du pipeau. Cette année on a de bons résultats mais imaginez dans trois ou quatre ans, j’ai aucun jeune qui arrive à percer, on va se demander qu’est ce qu’il se passe. Et à juste titre. C’est pour ça que j’espère me concentrer sur la réalité de mon métier qui est d’emmener les jeunes vers le monde professionnel. »

Est-ce que ce n’est pas frustrant justement cette année où vous auriez pu avoir plus de joueurs en L2 ?

« Moi je fais mon métier avec passion et avec compétence au quotidien et à 200%. Le reste, ce n’est pas à moi de les définir. Je n’ai pas à exprimer mes sentiments où ce que je ressens dans la presse. Il y a des choses à mettre en place encore. On travaille pour ça. Les gens qui sont là font tout et essaient de faire tout pour que ça tienne la route. »

Après une saison et demie à Brest, est-ce que vous épanouissez ?
« Tant que je prends du plaisir, je reste à la formation. Comme je l’explique toujours, si j’estime à un moment-donné que le club dans lequel je suis ne fait rien pour promouvoir la capacité à certains joueurs de réussir au plus haut-niveau, je ne sers plus à rien. Il n’y a aucune raison d’être. Aujourd’hui, il y a des gamins qui ont du potentiel, qui ont les moyens de réussir au plus haut-niveau. Si demain Brest ne fait rien pour ces garçons-là, je partirai. Tant que je suis là c’est que j’estime que le club agit dans le bon sens pour la formation. »

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