William Picoux le Breton revenu d’Amérique

William Picoux a connu un parcours atypique qui l’a emmené jusqu’aux USA. Le Breton retrouve pour la deuxième fois sa région après plusieurs exils. Il débarque à Plabennec avec surtout une énorme envie de jouer.

William, pouvez-vous nous retracer votre parcours ?
« Je suis né à Hennebont, ensuite j’ai vécu en région parisienne et j’ai joué dans des clubs amateurs comme Montrouge. Après, de 13 ans à 16 ans, j’ai fait l’INF Clairefontaine. De là, j’ai signé au FC Lorient car ça me permettait de rejoindre la Bretagne à laquelle je suis attaché. J’ai fait cinq ans au FCL. »

Malheureusement, la dernière année lorientaise a été compliquée…
« C’est mon année de stagiaire-pro, la dernière à Lorient, j’ai eu une pubalgie et je me suis fait opérer. Je n’ai pas beaucoup joué cette saison-là et pour moi, le train est passé. Ils m’ont gardé un an après en convention amateur avec la réserve. Il y avait énormément de pros qui descendaient et des plus jeunes que moi qui me passaient devant. Je ne rentrais plus dans les plans. »

De Lorient, comment vous-êtes-vous retrouvé aux USA ?
« J’ai fait la connaissance par l’intermédiaire de mon ancien coach de l’INF, Jean-Claude Lafargue, d’une personne qui s’occupe d’envoyer de jeunes joueurs aux USA. J’avais quelques essais en France, à Brest, notamment, ça ne donnait rien. Je ne voulais pas perdre mon temps. J’avais dans l’idée de faire mes études et, en même temps, cette opportunité de jouer au foot là-bas. »

Vous avez réussi à concilier les deux là-bas?
« Oui, c’est un peu le principe des sports-études, il y a des cours et du sport tous les jours. Ils ont une culture différente. Ils aiment moins le jeu, il y a beaucoup d’athlètes là-bas. Ils aiment bien miser sur le physique mais ils sont un peu immatures. Le football commence à émerger mais il y a encore du boulot. J’ai fait deux universités, j’ai fait un an et demi à Limestone et après je suis allé un an près de Boston, dans le New-Hampshire. »

Sportivement, comment ça s’est déroulé ?
« C’est le même système que le basket américain. Il y a des conférences, après il y a des play-off de conférence et si tu sors de ça, il y a les play-off nationaux. On a aussi le système de draft. Quand on jouait contre des grosses universités, il y avait un certain niveau. Après, je n’ai pas joué contre beaucoup d’Américains, il y avait beaucoup d’Européens, de Sud-Américains, de Scandinaves. Certaines équipes, comme à Limestone, il n’y avait qu’un Américain titulaire dans l’équipe ! Les coachs font venir des joueurs de pays dont la formation est plus réputée.»

Vous êtes donc revenu en France en 2017…
« Je n’ai fait que deux ans et demi d’études. J’ai pris des cours en accéléré pour ne pas que ce soit trop long. J’ai été diplômé en management du sport et sociologie en janvier 2017, un bachelor, ça correspond à BAC +4. Dans la foulée, je suis rentré en France en espérant repartir aux USA que pour jouer au foot mais ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. On m’avait promis la MLS ou la deuxième division mais ce qu’ils ne disent pas que c’est très compliqué de signer là-bas parce que le système est cloisonné. Il y a des quotas pour les étrangers et même si t’es meilleur qu’un Américain, ils le prendront car ils préfèrent utiliser leur quota pour des joueurs confirmés voire des stars. J’espérais un autre dénouement mais j’ai trop écouté des gens qui m’ont promis des choses. C’est le monde du foot, quoi. »

Qu’avez-vous fait alors ?

« Je me suis entrainé avec la réserve du Stade Brestois pour garder la forme et rebondir. En mars, j’ai été embauché au Crédit Agricole de Kerlouan. Il a fallu que je trouve un club, et, par l’intermédiaire de Laurent David, qui m’avait gentiment accueilli avec la réserve brestoise, il m’a mis en contact avec Franck Kerdilès et à partir de là, le soir, je venais m’entraîner avec Plabennec. En fin de saison, on s’est mis d’accord avec Franck et Gwen puis le président Michel Pommelec pour que j’intègre le groupe cette année.»

Vous connaissez donc bien le groupe, vous n’êtes pas dans l’inconnu cette saison…
« Je connais les anciens, même s’il y a eu du renouvellement, je connais bien le coach, le staff avec ces trois mois passés avec eux. L’idée pour moi, avant tout, c’est de retrouver du rythme. Mon dernier match officiel avec l’université, c’était en novembre. On n’a pas vraiment parlé de mon rôle pour l’équipe mais je veux juste jouer et pouvoir enchaîner des matchs. Je suis milieu de terrain, j’espère jouer dans l’axe. J’aime bien participer aux actions offensives, je suis plutôt relayeur.»

La reprise s’est bien passée ?
« J’étais content de jouer contre la réserve de Guingamp parce que ça faisait un moment que je n’avais pas fait un match, mais, au bout de quinze minutes sur le terrain, je me suis luxé le doigt. Ça m’a un peu retardé cette semaine car il faut protéger le doigt. Je suis en attente d’une attelle pour pouvoir jouer. Ça m’a privé du match contre Lannion, samedi, je vais voir avec le kiné si ça peut passer avec un bon strapp’ car mon attelle n’arrive que lundi. D’un autre côté, il vaut mieux ne pas prendre de risque car, après, si je me casse le doigt, ça sera compliqué. L’idée c’est d’être prêt en août pour le début du championnat. »

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