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Là où commence le football

Entretien avec Eric Berthou

Eric Berthou, le cycliste brestois des Bretagne-Schuller aborde la future saison avec un bel appétit et surtout, avec en ligne de mire le Tour de France. Il évoque sa carrière et aussi ses liens avec la Cité du Ponant.

 

L’ENFANCE BRESTOISE

“Je suis né à Brest-même, Brest, Saint-Marc, J’ai vécu onze ans sur Saint-Marc. J’ai été à l’école à Sainte-Marie et au collège à Charles de Foucauld. Ensuite, le lycée à la Croix-Rouge et Kerichen pour terminer sur un BTS électronique. Côté sport, j’ai fait du judo au dojo brestois, de la voile en optimiste et je me suis mis au vélo vers treize ou quatorze ans au BIC 2000. J’y ai fait mes classes avec copains jusqu’au BTS. Les résultats étaient là c’est pourquoi après mon BTS je voulais consacrer deux années au vélo. Dès la première année, j’ai fini troisième aux championnats de France espoirs et dixième aux championnats du monde.”

LA CARRIERE CYCLISTE

“Je n’avais pas de contact avec des équipes françaises. Soit je retournais chez Jean Floch ou alors je rejoignais Barlowolrd en Afrique du Sud. C’était une équipe qui se montait ma garantie c’était que Michel Gros de l’équipe Jean Delatour venait comme directeur sportif. C’est quelqu’un qui connaît bien le milieu. Je me suis dit qu’il allait, quand même bien  « gérer la crise ». Je me disais aussi qu’humainement, un an en Afrique du Sud, ça serait fort. Il y avait Sylvain Calzati, qui est avec nous cette année à Bretagne Schuller. Je ne le connaissais pas à l’époque. Ça a été la surprise à notre arrivée et au final ce fut une bonne surprise car c’est vraiment un beau pays.  Cette expérience m’a mis le pied à l’étrier car je suis revenu en France après pour rejoindre RAGT. On a découvert les courses européennes, j’ai gagné une étape à Pairs-Corrèze et j’avais fait 6  sur l’Avenir. Ça m’a ouvert les portes de l’équipe Caisse d’Epargne, donc, en Espagne cette fois. Je ne connaissais pas un mot d’espagnol. J’ai appris sur le tas, et on apprend très vite dans cette situation contrairement à l’école française. Une grand aventure humaine encore car même si c’était l’une des meilleures équipes mondiales, il y avait un vrai esprit de famille. J’étais équipier pour Valverde et Pereiro. C’était vraiment sympa et enrichissant. Mon objectif ensuite, ça a été de faire le tour de France avec le départ à Brest. J’étais bloqué à la Caisse d’Epargne, je suis revenu en France au Crédit Agricole. Ça a failli se faire car j’ai été le dernier non-sélectionné. C’était vraiment ma déception de l’année, de ma carrière je ne sais pas encore. Sportivement j’étais  là, alors le manquer d’aussi peu, c’est vraiment dommage.

L’équipe Crédit Agricole s’est dissoute ensuite mais on l’a su qu’au dernier moment. Ce n’était vraiment  pas évident de trouver une équipe car on était beaucoup de coureurs sur le marché. Je me suis alors exilé en Italie. La première année, j’ai mangé mon pain noir, car j’avais une équipe pas franchement compétitive. C’était un peu tempête comme on dit dans le milieu. La deuxième année s’est bien structurée, j’ai pu faire des résultats en essayant de faire le forcing pour revenir en France, vers Bretagne Schuller car ça me semblait logique en tant que breton de rejoindre cette équipe-là.”

BRETAGNE-SCHULLER ET OBJECTIFS

“En 2011, on a été présent sur le Paris-Nice. Sportivement, j’ai montré que j’avais de l’acquis et de la maturité. C’est bien pour moi de retrouver une équipe à visage humain. Ça permet d’avoir un vrai collectif et de participer aux grandes courses. Il n’y a qu’une autre équipe au monde qui fait ça aussi, c’est Euskatel-Euskadi. Nous on a notre Bretagne qui a un fort potentiel cyclisme. 70% de nos coureurs sont bretons. On arrive à garder notre étiquette Bretagne et ça c’est vraiment bien. Il faut continuer là-dessus. Geoffroy Lequatre (ancien RadioSchak) et Dimitri Champion (un ancien de la maison) sont arrivés cette année. Ils nous apporteront “la caisse”, c’est à dire leur expérience de leurs années professionnelles avec un potentiel physique assez développé.

Pour 2012, la cerise sur le gâteau ça serait l’invitation sur le Tour de France. Objectivement, je pense que ça peut-être difficile mais on peut espérer, cette année il y a une porte d’entrouverte. Il faut que l’on montre que l’on a le niveau. On a les moyens d’y croire. J’espère relever les bras sur une épreuve, pourquoi pas sur un Paris-Nice et bien sûr le tour de France.”

LE STADE BRESTOIS

“Je m’intéresse au Stade Brestois, à la moto GP car j’ai des amis qui sont là-dedans. Il y a un peu de tout mais surtout le foot en fait. J’ai redécouvert le Stade Brestois cet hiver  car j’étais exilé pendant sept ou huit ans sur Hyères pour m’entraîner. J’ai regouté à l’ambiance de Le Blé, ça fait du bien. Avant, j’allais au foot tous les quinze jours avec mon père. Là je suis content de voir cette équipe. Elle mouille son maillot, elle ne peut pas jouer le haut du classement mais c’est du bon jeu en général, sauf le match d’Ajaccio que j’ai vu mais bon, ça arrive !  Il y a une ambiance aussi dans ce stade, c’est particulier. J’espère qu’ils obtiendront leur maintien encore cette saison.”

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