Foot 29
Là où commence le football

Marion, tu ne connais pas le foot !

Juste avant un week-end chargé, je tombe sur l’article de Foot 79  qui n’a pu s’empêcher – on le comprend –  de réagir au papier (oui, allez, on peut lui donner ce nom) de Marion Aydalot, qui dorénavant sévit sur Le Nouvel Observateur, enfin, quand ses articles sont sélectionnés, pas trop souvent peut-on espérer pour le football.

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Plougastel n’est  tombé que lors des ultimes secondes face à Plabennec en Coupe de France l’an passé

Rien de nouveau pourtant dans les premières lignes où, comme d’habitude, la jeune femme se vante en énumérant toutes ses nouvelles relations professionnelles tout en précisant que la guerre c’est moche et que c’est quand même super plus sympa quand on s’aime tous. Et un petit coup de brosse à reluire pour le chouchou Valbuena, ça mange pas de pain.

Puis, tout à coup, dans cet océan de mignardises, une attaque frontale envers le foot amateur  :

Au-delà de ça, je défends le football-champagne. Rien ne m’a fait plus plaisir que l’arrivée il y a un peu plus de dix ans d’Abramovitch à Chelsea, à part peut-être celles des Emiratis à Manchester City et des Qataris au PSG (je dis Qatari et pas Qatarien, c’est mon côté « je dis ce que je veux »). Vive l’ambition, les stars et le beau jeu ! A côté de ça, vous avouerez que le spectacle de la Coupe de France fait parfois peine à voir. Je préfère encore la Coupe de la Ligue, jouée par des pros sur des terrains corrects. Oui oui, vous avez bien lu. Ca nous change des champs de patates foulés par des postiers et des plombiers un poil bedonnants. Toutes mes excuses à la Poste et au Syndicat des Artisans de France qui nous regardent, mais je n’ai pas pu m’empêcher…

Dans ta face Réginald Becque ! La question qui en découle est : « comment peut-on écrire de telles conneries? » On le sait qu’une partie d’une petite élite parisienne ne vit que pour les paillettes mais pourquoi ce besoin d’aller taper sur les amateurs? Martyrisée par la chevauchée d’Enjolras sur sa transversale clermontoise? Le spectacle de la Coupe de France fait peine à voir? Plabennec qui sort Reims et qui, il y a quelques années a sorti successivement Nice et Nancy, ça fait peine à voir? Quevilly qui se bagarre jusqu’à l’épuisement en finale de la Coupe de France, c’est naze?

Plobannalec et ses supporters lors du match de Coupe de France à St Renan
Plobannalec et ses supporters lors du match de Coupe de France à St Renan

Dites-donc… Joueur favori Valbuena? Elle n’a qu’à lui demander au joueur de l’OM son avis sur le football amateur, lui, qui a pu devenir professionnel et chouchou d’Aydalot grâce à Langon-Castets (CFA2) et Libourne (National) entre 2003 et 2006. Pourquoi a-t-il galéré comme ça? A cause de la connerie des dirigeants de l’époque, qui ne cherchaient que le nouveau Vieira, le nouveau Dessailly ou le nouveau Thuram. Sous 1m70, circulez, il n’y a rien à voir. Des critères physiques, de l’apparence, bref, tout ce qui fait l’univers des articles de l’intéressée.
A-t-elle déjà été voir un match à Bauer? A Duvauchelle? Ce n’est pas le Parc des Princes où on peut poser fièrement devant une conf’ de presse d’Ancelotti, non, c’est le foot, le football vrai comme on l’appelle.

Quand les petrodollars vont s’évanouir, quand le système russe s’écroulera. Que restera-t-il? Où iront Alex, Falcao, Zlatan ou Thiago Silva? Ils retourneront à Barcelone, Madrid, Londres ou Milan, là, où sont les vrais clubs grands clubs européens. Qui sera encore là? Le foot amateur ou Marion Aydalot? Le foot amateur sauvera encore des talents comme Valbuena, Kerbrat ou plus anciennement Grégoire (non pas le chanteur, sa fiche pour Marion) et aidera ces clubs à vivre au plus haut-niveau. Sans foot amateur, pas de football paillettes. C’est tellement logique qu’on se demande encore comment certains peuvent vivre que pour ce spectacle qui est souvent plus ennuyeux que le match de ligue ou de district le dimanche après-midi.

Plabennec a sorti Reims de la Coupe de France l'an passé
Plabennec a sorti Reims de la Coupe de France l’an passé

C’est là le cœur du football, le dénigrer, c’est cracher sur ses idoles, qui, d’où qu’elles viennent, ont toutes joué sur une pelouse bosselée un dimanche matin où les cuisses brûlent du froid et du dernier contact du ballon sur-gonflé qui vous a laissé les traces de ses panneaux sur la peau. Ces professionnels se souviennent de ces coupes en plastique doré qu’ils ont soulevé et rempli de soda premier prix pour le boire avec toute l’équipe juste avant le choix cornélien de la douche glacée ou bouillante. On sortait de là, éreinté, mais heureux, en croquant dans le casse-dalle élastique qui, pour, n’importe quel footeux a désormais un goût de madeleine. Après, accoudés à la main-courante, on regardait ces plombiers, ces postiers, c’était eux nos héros. On ne s’ennuyait jamais. Alors quand on voit les successeurs de nos ex-idoles faire tomber ou juste douter les riches, plus talentueux mais pas pour autant plus intéressants ; on vibre.

Oui c’est beau. Ce qui fait peine à voir, c’est ce qu’est devenu le football pour certain(e)s. Au début, Marion Aydalot, je voulais prendre la défense du plombier et du postier et vous rejeter le mépris que vous avez pour le football amateur en mais en fait, je vous plains car vous pensez connaître le football mais vous n’êtes juste qu’une énième consommatrice de spectacle. Le hasard vous a mis dans un stade, la prochaine fois, allez visiter celui que vous avez à côté de chez vous. Discutez avec les joueurs, les dirigeants, vous commencerez à comprendre ce qu’est le football car il ne se limite pas à une dizaine de villes en France.

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