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Les play-offs, un obstacle injuste vers la L1

Quand on voit la dernière saison de Ligue 2, on se demande encore pourquoi la LFP cherche à rendre ce championnat plus spectaculaire. Le final de la dernière journée de L2 a été exceptionnel et irrespirable. L’an prochain, la Ligue peut donc tuer l’espoir de revivre de tels émotions avec ces play-offs.

C’est un championnat historique que nous venons de vivre en Ligue 2. Certes, le Stade Brestois n’a pas été récompensé à l’issue d’une année de compétition mais le championnat dans sa formule traditionnelle a offert un spectacle que tous les artifices qu’on veut lui adjoindre ne pourront certainement pas égaler.

Petit retour en arrière : 38ème journée de Ligue 2. Lens, Brest étaient sur le podium de la L2 jusqu’à la 88ème minute. Troyes a pris l’avantage à Sochaux et a sorti les Finistériens de la zone de promotion. Lens devient barragiste et perd à son tour sa place car Amiens s’impose à la 94ème minute à Reims.

Au final, Brest finit 5ème de L2 alors qu’il a été 3ème pendant de longues minutes. Ce scénario a été rendu possible par la compétition régulière. La joie incroyable des Amiénois est à la hauteur de la frayeur énorme qu’ils ont enduré. Derrière, Troyes n’a pu fêter l’accession à cause des fameux barrages.

Ceux-ci devaient offrir un spectacle exaltant mais n’ont pas atteint un dixième du stress de cette dernière journée de L2. On s’est sérieusement ennuyé dans deux matchs fermés qui ont finalement souri aux Troyens. Ces barrages étaient instaurés pour donner du spectacle. Ça n’a pas été le cas.

Malheureusement, les barrages ne sont qu’une étape, la LFP ne veut pas s’arrêter là. Comme si la L2 était un cobaye sur lequel on essaie tout ses idées les plus farfelues, on tente désormais les play-offs ! Oui, ceux-là mêmes qu’on veut éradiquer dans le top 14 car ils sont à l’encontre de l’équité sportive d’une saison. Ce matin dans L’Équipe, Claude Michy le futur président de l’UCPF (syndicat des clubs) est enthousiaste : “Une majorité de clubs souhaite qu’il y ait des play-offs, C’est quelque chose qui peut être très attractif. Ceux qui sont, à un moment de la saison, dans le ventre mou, autour de la dixième place, et qui n’ont plus rien à jouer vont retrouver de l’intérêt pour les matches qu’il leur reste à disputer. Cela ressemblera à de vraies rencontres de Coupe, avec beaucoup d’intensité.” En somme tout est dit.

Claude Michy préside le club de Clermont, qui n’a jamais réussi à dépasser le cinquième rang de la division. Alors oui, forcément, pour de tels clubs, les play-offs c’est l’idée du siècle. Comment, le 10ème, auteur d’une saison minable peut souffler la sixième place et griller la politesse à un troisième qui aura passé toute la saison sur le podium ou à proximité de celui-ci.

Monsieur Michy veut des matchs de coupe? Mais il y a déjà la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Surtout pour cette dernière, on peut dire que c’est une source d’émotions formidables. A un tel point qu’on en a supprimé les prolongations. Si on veut des émotions de coupe, il faut jouer les coupes, c’est aussi simple que ça.

Rares sont les compétitions où l’on n’offre pas de récompense au 3ème d’une simple épreuve. Il est souvent promu voire médaillé. Alors, au bout de onze mois de bataille, 38 matchs, le troisième devrait jouer au moins deux matchs de plus : un contre le 4eme pendant que le 5e joue le 6e et ensuite les deux vainqueurs s’affronteraient pour désigner l’heureux gagnant d’un barrage contre le 18ème de L1. Qui, lui, d’en haut, pourra sereinement préparer sa double confrontation.

A moins qu’on mette en place des plays-down entre le 15e, 16e, 17e et 18e de L1? Ça serait la logique, si on met en place des play-offs, la réciproque doit être vraie. Il n’y a pas de raison pour que l’étage inférieur soit le seul à trinquer. Malheureusement, ces mesures n’ont qu’un intérêt : c’est de compliquer l’accession pour le 3ème de L2 et surtout protéger le 18ème de L1.

Comment dire le contraire. Si la LFP voulait vraiment un plus gros spectacle. Mais que les play off concernent les 4e, 5e, 6e et 7e de L2. Il n’y aurait ainsi que des clubs qui n’ont pas réussi à être sur le podium et ils affronteraient les 17e, 16e, 15e et 14e de L1 pour désigner un 4ème promu ou sauver la formation de la Ligue1. Sportivement, ce serait plus logique, malheureusement, ça pourrait ajouter une descente de plus et c’est tout ce que veut éviter la LFP. Dommage…

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