Les barrages, le flop de la Ligue

On nous avait vendu une formidable occasion d’ajouter du spectacle à une saison déjà très longue. Au final, les matchs des playoffs ont tous été des déceptions voire des catastrophes et le dernier match de ces barrages, encore en cours, est presque sans intérêt.

L’an passé, Amiens a arraché son billet à la dernière minute de la saison pour monter en Ligue 1. Déjà, Troyes, troisième sur le fil, n’avait pu fêter son accession, puisqu’on avait instauré des barrages et qu’ils devaient affronter le 18ème de Ligue 1 pour espérer profiter de leur logique récompense. Car, c’est bien là le seul et unique but de la LFP avec ces barrages : empêcher le troisième de Ligue 2 d’accéder à l’élite et surtout de préserver le 18ème de Ligue 1 pour ainsi instaurer un système à deux descentes sans le nommer.
Troyes ayant déjoué les pronostics et fait couler Lorient en L2, l’idée de génie a été alors de rajouter des playoffs pour éreinter encore plus le concurrent de Ligue 2 qui doit arriver mourant aux pieds du club de Ligue 1 comme aux jeux du cirque.

Si ce n’est pas la réelle envie, pourquoi ne pas avoir instaurer un play-down? La logique d’un play-off, c’est d’avoir l’opposé au-dessus, sinon il n’y a pas d’équité. Pour être logique, cette saison, il y aurait du avoir un match de playdown entre Lille et Toulouse dans le Nord et le perdant aurait du se présenter à Caen pour y défier les Caennais et là, le malheureux se serait retrouvé confronté à Ajaccio.

C’est particulièrement injuste pour les 16e et 17e. On est d’accord. De la même façon, il est injuste pour le troisième de se faire dépasser par le 4e ou le 5e et même de se voir contester sa place par le 18eme de L1, qui lui, compte-tenu de son classement ne méritait rien de mieux que la descente.

Au-delà de cet aspect, la Ligue voulait du spectacle. Elle a été servie. Brest présentait un onze de départ décimé avec près de 50% d’absents et n’a pu défendre ses chances au Havre qui avait la réussite de son côté. En plus d’un terne spectacle sportif, le playoff a accouché d’une bagarre générale après le second but havrais injustement validé après le coup de coude de Ferhat sur le visage de Gastien. Derrière, Butin a été exclu tout comme Furlan mais aussi Youga côté havrais.

Après, c’est à Ajaccio qu’à eu lieu le clou du spectacle de ces play-offs. Entre l’agression pathétique des supporters corses et le replay le dimanche, toujours d’un niveau navrant, la nouvelle bagarre générale sur le terrain et les quatre exclusions de joueurs et celle d’Olivier Pantaloni, la LFP a été servie niveau spectacle.

Le match aller du barrage entre Toulouse et Ajaccio disputé à huis-clos à Montpellier a accentué la belle image de cette magnifique idée d’instaurer des play-off. Cependant, on peut être heureux pour l’intérêt supérieur de la Ligue 1 puisque Toulouse l’a emporté 0-3 et devrait, sauf cataclysme, se maintenir dans l’élite et, pour la première fois depuis bien longtemps, seules deux équipes accèderont en Ligue 1.

La Ligue 2, elle, aura joué des playoffs et des barrages pour des prunes, elle n’y aura gagné qu’une image dégradée de sa compétition. Les participants, eux, ont tous gagnés des suspendus pour le début de la saison prochaine voire beaucoup plus grave pour l’AC Ajaccio qui va sûrement prendre très cher durant la prochaine Commission de Discipline mais le but ultime est atteint, le 18ème est sauvé et la L2 a eu son os à ronger en offrant un spectacle factice donnant l’illusion qu’en finissant 5e ou 4e l’accession était possible.

Cependant, on s’est aussi rendu compte que la tension et la peur de voir dix mois de travail balayés sur un simple match ont mis une pression incroyable aux joueurs et dirigeants. Sur le terrain, à aucun moment nous avons pu voir de bons matchs de football, juste des foires d’empoigne de joueurs exténués jusqu’à la parodie de foot à Montpellier avec des Ajacciens complètement lessivés physiquement et mentalement. Entre les play-offs et les barrages, à aucun moment le football n’en n’est sorti gagnant et on ne parle même pas du barrage d’accession à la Ligue 2, qui lui aussi s’est déroulé à huis-clos à Grenoble. Non, vraiment, c’était une riche idée ces barrages…

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