Claude André accompagne les U11 de Madagascar depuis de nombreuses saisons. Président de l’association Zatovo, son engagement dépasse le cadre du sport.

Claude, Zatovo est un habitué de Dirinon…
« Ça fait 20 ans que je suis avec Madagascar et c’est la 13ème délégation de Zatovo qui joue ici. Le Tournoi de Dirinon et Zatovo c’est une vieille histoire. »

Quel est le programme des Malgaches pendant leur séjour ?
« Les enfants sont ici pendant quinze jours, ils visitent les écoles, Brest et ils rendent visite à tous les gens qui nous aident à financer leur venue. Il faut trouver 10 à 12 000€ entre les papiers, le transport et l’administratif est assez compliqué. Alors tous les gens qui nous aident pendant l’année, il y a un petit retour pour nos partenaires. »

Ils vous apportent des équipements et quoi d’autres ?
« Il y a des équipements, beaucoup de clubs du Finistère qui nous aident mais l’aspect financier est très important car 12 000€ ça ne se trouve pas comme ça sous le sabot d’un cheval. Le plus dur, c’est l’administratif. Faire des passeports biométriques pour des enfants malgaches qui habitent dans la brousse, c’est inimaginable la difficulté que ça représente. Ce sont les gens présents à Madagascar qui le font et ça, c’est quelque chose d’énorme. Il y a aussi les visas. Pour arriver le 20 mai, les enfants sont partis le 3 mai de leur ville. Ensuite, il y a le transport, la logistique et ensuite le financier, et, tous les ans, il faut remettre ça.»

Vous les retrouvez cet été ?
« Je les revois dans deux mois, quand on va faire le tournoi là-bas, on raconte aux parents ce qu’il s’est passé. Tous les gens qui s’occupent d’eux aussi, on leur parle de ça et ils rêvent car ils ne peuvent pas voir ça. Tous les ans j’organise des tournois pour les enfants qui désignent ceux qui viennent à Dirinon. »

Sur le terrain, ça se passe très bien pour vous en plus…
« C’est un des exploits de Zatovo. On a été en finale en 2006 en benjamins contre Lorient. On a gagné une fois la consolante. Là, la victoire contre le Benfica Lisbonne c’est vraiment un des grands moments marquants. Les parents se rendent comptent de la portée mais les enfants, Benfica Lisbonne on RC Lopereth, pour eux ce sont des étrangers, ils ne voient pas la différence. Les grands se rendent comptent de la différence. Là-bas, ils connaissent Liverpool, Barcelone mais nous, on sait bien que c’est un très grand moment. »

Vous aviez des craintes avec la météo…
« Ils ne jouent jamais en chaussure, ils ne jouent jamais sur de l’herbe et sur un terrain tracé avec des arbitres ! Tout est une première ! pour eux mais ça fait le charme du football, nature, instinctif et ça fait plus rêver les gens qu’un football robotisé. Quoiqu’il arrive de la première à la dernière place c’est que du bonus pour nous. Là, on est bien parti pour faire la phase finale du tournoi principal, tant mieux. On prend ! »