Trois défaites lors des quatre derniers matchs et une incapacité à trouver une défense efficace avec un réalisme offensif qui s’étiole, ont fait du séduisant Stade Brestois une équipe très fragile. Les choix Olivier Dall’Oglio prêtent de plus en plus à discussion alors qu’il n’y a pas de solution idoine dans l’effectif breton pour remplacer Ibrahima Diallo.

Les trois dernières défaites brestoises sont différentes et résument les maux actuels. Il y a celle à Angers, peu inquiétante mais agaçante ou le Brest séduisant domine largement les débats et, à force de trop gâcher ses occasions, a laissé la latitude pour un retour au score.

Les deux revers contre Nantes et Strasbourg se ressemblent. Face à un adversaire peu entreprenant et dans le doute, le SB29 n’a pas joué son jeu et s’est quelque part, sabordé.

A la Beaujoire, il est indéniable que le positionnement de Baal en tant que latéral droit s’est avéré néfaste pour l’équipe et pour le joueur lui-même, trimballé à un poste qui n’est pas le sien et qui n’a pas été travaillé. Sa défense ouverte à tous les vents, Brest a souffert face à une opposition pourtant brouillonne.

Il y a eu aussi le choix étrange de privilégier Magnetti plutôt que Mbock dont le profil ressemble plus à celui de Diallo avec cette capacité à briser les lignes. La titularisation de Philippoteaux a paru aussi incongrue, le joueur semblant totalement perdu.

Contre Strasbourg, le phénomène a été le même avec les lacunes affichées par Hérelle qui se sont confirmées. Le talent d’Habib Diallo a fait le reste pour lancer ce match dans le mauvais sens. Jusqu’ici, c’est la charnière Duverne – Chardonnet (en dehors du naufrage collectif nîmois) qui a montré les meilleures garanties.

Le week-end dernier, le choix de mettre Battocchio, qui revenait de blessure, à un poste qui n’est pas le sien pour remplacer Diallo a été une mauvaise idée que ceux qui suivent le Stade Brestois depuis plusieurs saisons ont vu venir. Le milieu de terrain n’est à l’aise que si on le dégage de ses tâches défensives.

Par ailleurs, ces deux matchs démontrent un élément passé un peu inaperçu l’an passé c’est la difficile adaptation d’Haris Belkebla à la Ligue 1. Le voisinage de Diallo permettait d’effacer ses lacunes et ses pertes de balle souvent dangereuses quand il repique vers son camp. Le faire passer dans le rôle de leader de ce compartiment de jeu ne semble pas être une bonne idée. Il fallait un remplaçant d’envergure rompus aux joutes de la Ligue 1, le collectif finistérien souffre en son absence et il ne fallait pas être grand clerc pour le deviner et même avec la présence du milieu de terrain parti à Southampton, l’apport d’un vrai numéro 6 n’aurait pas été un luxe étant donné que ni Lasne, ni Battocchio ne sont des 6.

De plus, les choix répétés d’Olivier Dall’Oglio interrogent. Irvin Cardona a eu des soucis de comportement mineurs (retards…). Ils ont été sanctionnés. Face à Dijon, il a été placé sur le banc pour le “piquer” il a répondu immédiatement d’une manière cinglante avec un but incroyable.

Six matchs et près d’un mois et demi plus tard, la situation n’a pas bougé. Quel est l’intérêt? Existe-il un joueur titulaire qui a mis tout le monde d’accord sur ses performances pour ne plus faire appel à celui qui a marqué six bus la saison passée qui avait déjà ces “écarts” la saison passée?

Jérémy Le Douaron dispose d’un temps de jeu disproportionné (458 minutes) par rapport à ses “concurrents” au poste que sont Cardona (278 minutes) et Franck Honorat (224 minutes). Le joueur qui vient de N2 fait preuve d’une bonne volonté évidente mais on voit clairement ses limites, notamment dans la construction et ses difficultés à terminer une rencontre (aucun match complet malgré ses six titularisations).

Dimanche dernier, le jeune joueur a été submergé par le défi athlétique strasbourgeois. Est-ce lui rendre service que de laisser accumuler autant de temps de jeu alors qu’à l’évidence, il gagnerait à faire des entrées en jeu plutôt que débuter les matchs ? Sans compter que Cardona et Honorat peuvent se sentir légitiment lésés. La vitesse de ce dernier n’a pas été utilisée ou alors qu’en situation précaire quand le score était défavorable avec des coéquipiers entamés physiquement.

Lui, comme Cardona ont prouvé leurs capacités à marquer et à faire marquer en Ligue 1. La perte de confiance d’Honorat ne va pas se résoudre en le laissant sur le banc de touche. De plus, on se souvient que, pendant trois saisons, Jean-Marc Furlan a insisté sur l’importance des “paires” de joueurs. Irvin Cardona semblait en former une cohérente avec Charbonnier.

Alors que la défense est en manque de repères, pourquoi rajouter du trouble au trouble? Si c’est pour des histoires extra-sportives, il faut évidemment respecter le groupe et le staff mais au bout d’un moment si une décision pénalise le collectif, il devient incompréhensible de s’obstiner ainsi. L’apport offensif de Cardona n’est plus à prouver comme celui d’Honorat, un joueur dont le club espère la venue depuis plus de deux ans et cassé sa tirelire pour y parvenir face à une féroce concurrence. Alors que se passe-t-il?

D’ailleurs, contre Strasbourg, Cardona et Honorat sont entrés en jeu alors qu’encore une fois Charbonnier quittait le terrain. Le passé récent nous a pourtant appris que le jeu offensif finistérien était fortement amoindri en l’absence de son attaquant/milieu organisateur d’1m88 sans compter son importance sur les phases de replacement. Par exemple, sa sortie à Angers coïncide avec le retour au score des locaux.
Lors des derniers matchs, il sort pour entasser des offensifs plus véloces mais qui entrent sans repères.

Entre ces revers, il y a eu la victoire contre Monaco mais l’on notera aussi, qu’après la sortie de Charbonnier, Monaco s’est fait plus pressant et Brest totalement inconsistant devant et finalement, le succès finistérien est surtout le fruit de la maladresse des attaquants du Rocher. Certes, Charbonnier a eu quelques ratés avec une mi-temps manquée à Nantes notamment mais le rapport avantages/inconvénients plaide en sa faveur.

Au final, le Stade Brestois piétine dangereusement alors qu’il n’a jamais eu autant de ressources à sa disposition. L’expérience et le physique d’un attaquant comme Mounié était espérée depuis des années et les supporters n’ont plus vu un joueur aussi technique avec l’apport de Faivre depuis la montée en L2 avec Franck Ribéry.

Avec le départ de Yoann Court, Brest a réussi à faire venir son choix numéro 1 depuis des années : Franck Honorat. L’apport d’un jeune élément prometteur de N2 comme Le Douaron devait aussi apporter un plus à l’équipe mais tout ce qui a été attendu donne l’impression d’avoir été fait à l’envers en terme de temps de jeu.

Et on n’évoque même pas l’arrivée d’Heriberto Tavares qui semble avoir du mal à s’acclimater mais ne peut rentrer sur le terrain que quand c’est la bérézina, ça ne risque pas de l’aider à s’acclimater à son nouveau pays et son nouveau football.

Enfin pour revenir dans le secteur défensif, Hérelle ne semble pas capable d’être à 100% de ses capacités alors que Chardonnet a donné une belle réponse face à Monaco. Les choses évolueront peut-être après, mais à l’heure actuelle, c’est bien le joueur formé à Plouzané qui offre le plus de sécurité surtout dans le domaine aérien.

Une recrue devrait aussi avoir son rôle, c’est Lilian Brassier. Le joueur venu de Rennes reste sur une très belle saison à Valenciennes. Pour retrouver une stabilité et profiter de la réussite offensive actuelle de Perraud, on pourrait imaginer le voir évoluer plus haut avec la présence du défenseur formé à Rennes.

En dehors du milieu de terrain, où à l’évidence, il y a un manque, le Stade Brestois a de quoi répondre au défi de la Ligue 1 en attendant l’arrivée d’un milieu défensif au mercato hivernal même si le menu immédiat s’annonce très copieux avec le derby à Rennes et la réception de Lillois qui impressionnent cette saison. Il faudra serrer les rangs.